Début de projet

Eté 2010 à Tokyo. Il fait environ 38°C et le climat est très humide.
Nous habitons au Japon depuis quelques années, mais à la fin de l’été, nous allons rentrer en France. Je ne vous cache pas que c’est avec un mélange de joie et de chagrin que je prépare nos cartons pour la France.
Amoureux de la culture japonaise et des japonais, nous voulons rapporter un bout du Japon dans nos cartons. Pourquoi pas des furoshiki, ces carrés de tissus utilisés depuis des siècles  au Japon. Chaque famille japonaise a des furoshiki chez elle. D’ailleurs, la maison familiale en regorge ! J’ai toujours vu depuis mon enfance ces tissus colorés aux motifs traditionnels. Les japonais s’en servent comme des sacs pour transporter des paquets et objets de toutes tailles, mais aussi comme « papier cadeau ». J’adore ! Je trouve cet objet magnifique et j’aime son côté multi-usages. Cela en fait en plus un tissu écologique par son utilisation.
C’est décidé, nous allons créer nos propres furoshiki. L’aventure commence !

Mais par quoi commencer… ?!

L’idée est de créer une boutique qui offrirait des furoshiki à la vente. Comme nous ne sommes pas assez ambitieux pour aller directement concurrencer les grandes galeries parisiennes, ce sera de l’e-commerce, très à la mode en ce moment. Il y a bien sûr beaucoup de concurrents proposant une multitude d’offres. Il est donc nécessaire de se démarquer autant que possible avec des produits complètement originaux et en très petites séries. Il faut aussi trouver un fabriquant. Nous en contactons plusieurs dans la région de Tokyo et dans le Kansai. Nous profitons d’une visite à ma famille pour aller à Kyoto, ancienne capitale impériale. Kyoto est LA ville du tissage, de la teinture, de la laque, de la céramique et de l’art traditionnel en général. Après pas mal de visites d’artisans, il faut se rendre à l’évidence, la sélection entre un fournisseur et un client est réciproque. Pour passer commande, il ne suffit pas de présenter avec enthousiasme un projet plus ou moins virtuel, qui plus est, destiné à un marché étranger. Nous tombons finalement sur le propriétaire d’une fabrique familiale centenaire et sommes tout de suite séduits par le lieu. Le feeling passe super bien avec ce jeune artisan. Ce sera lui !
Après quelques semaines, tout en prenant compte des contraintes de fabrication, les designs des furoshiki prennent forme. Après une phase de mise au point des couleurs employées, la production peut enfin être lancée. Le projet se concrétise !
S’ensuit la réalisation du site, une réflexion sur la logistique et nous voilà plus ou moins prêt début 2012, 18 mois après l’idée initiale !

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Visite des 48 cascades d’Akameguchi (Akame Shijuhachitaki)

Fin novembre, nous avons fait une ballade dans les gorges des 48 cascades d’Akameguchi. Excursion très agréable d’une journée au départ d’Osaka. Il faut prévoir de partir tôt car en arrivant à la station d’Akameguchi, les bus en direction du site des 48 cascades partent chaque heure mais uniquement le matin…

Juste avant l’entrée aux gorges, il faut absolument passer par le musée des salamandres qui présente quelques spécimens des fameuses salamandres géantes japonaises, mais aussi beaucoup d’autres espèces.

A partir de la mi-novembre, la saison des feuilles d’automne commence dans cette région, c’est ce que les japonais appellent la période du kōyō. Le spectacle est absolument magnifique.

Momiji surplombant la rivière
Momiji surplombant la rivière, les traces de civilisation sont bien là !

On s’enfonce très rapidement dans la montagne. L’atmosphère est typique des forêts japonaises, végétation  luxuriante et mystères…

La rivière, cernée par une végétation luxuriante.
La rivière, cernée par une végétation luxuriante.

Étrange… nous rencontrons des furoshiki en chemin…

Comme son nom l’indique, il y a beaucoup de cascades, environ une cinquantaine.

La cascade du Dragon
La cascade du Dragon
Feuilles de momiji
Feuilles de momiji
Lumière de fin d'après-midi
Lumière de fin d’après-midi
Devant la cascade du Dragon
Devant la cascade du Dragon

Pour cette balade il faut prévoir trois bonnes heures de marche tranquille et les chaussures à talons sont bien sûr à éviter, mais ce n’est pas évident pour tout le monde…

L’après-midi, il n’y a qu’un ou deux bus en direction de la gare. Il faut donc bien estimer l’heure du retour. Pour les retardataires flambeurs, il y a toujours l’option du retour en taxi ou la nuit dans le ryokan situé juste à l’entrée des gorges !

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Qu’est-ce qu’un « Kamon » ?

Le kamon ou mon représente les armoiries des familles japonaises. C’est un motif géométrique utilisé le plus souvent par les japonais lors d’occasions spéciales et importantes telles que les cérémonies de mariage. Il est représenté sur les kimonos de cérémonie des membres d’un même clan familial. Un kimono de cérémonie peut porter 1 à 5 mon. On retrouve aussi les kamon sur les devantures de certains magasins ou restaurants traditionnels.

En japonais, kamon s’écrit 家紋. Le kanji de ka (家) signifie la maison, la famille, et mon (紋), l’emblème.

Apparu à l’ère Nara (710-794), l’utilisation du kamon s’est développée à l’époque Kamakura (1185-1333). C’est aussi à partir de cette période que leur variation s’est amplifiée. Cela était notamment dû à la prolifération des clans de samouraïs car les kamon permettaient aux différents clans de se différencier. A partir de l’époque Muromachi (1336-1573), ils furent d’ailleurs utilisés sur les champs de bataille pour se reconnaître facilement. Ce n’est qu’à partir de la période Edo (1600-1876) que l’usage du kamon se répandit auprès de la population.

Le nombre de kamon répertoriés aujourd’hui serait de plus de 5 116 dessins et 241 variétés. Les motifs font souvent référence à la nature comme le bambou, les fleurs ou les vagues, mais aussi aux objets tels que l’épée ou aux animaux (tortues, oiseaux).

 Celui de ma famille s’appelle le kenkatabami. Le voici :

Furoshiki Takeyo Kamon bleu – Détail de motif kenkatabami

Ken représente l’épée et katabami est une plante vivace à fleur jaune appelée Oxalis corniculée.

Vous pouvez le retrouver sur notre furoshiki Kamon bleu ou jaune.

D’ailleurs, le logo de Takeyo est notre kamon.

Kamon de Takeyo

Take signifie bambou. Notre mon représente donc 6 feuilles de bambou entourées par un cercle qui symbolise le soleil levant (yo en japonais). Et pour ceux qui ne le savent pas encore, le Japon est le pays du Soleil Levant!

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